L’algèbre linéaire commence par des preuves de stabilité, puis par la recherche de familles libres et génératrices. Les exercices utilisent des vecteurs de R3 et des polynômes : les méthodes sont les mêmes.
L'essentiel à retenir
Un sous-ensemble F d’un espace vectoriel E est un sous-espace si 0∈F et s’il est stable par combinaison linéaire : λu+μv∈F.
Une famille est libre si la seule combinaison linéaire nulle est la combinaison à coefficients tous nuls.
Une famille est génératrice d’un espace si tout vecteur de cet espace est combinaison de ses éléments.
Une base est à la fois libre et génératrice ; toutes les bases d’un espace de dimension finie ont le même nombre de vecteurs.
Les solutions d’une équation linéaire homogène dans Rn forment un sous-espace vectoriel.
Exercice 1 — Sous-espace du plan
On considère F={(x,y,z)∈R3∣x+y+z=0}.
Montrer que F est un sous-espace vectoriel.
Trouver une base et la dimension de F.
Corrigé détaillé
1. Le vecteur nul est dans F. Pour u,v∈F et λ,μ∈R, la somme des coordonnées de λu+μv vaut λ⋅0+μ⋅0=0. Donc F est stable et est un sous-espace.2. Paramétrage.z=−x−y ; tout vecteur de F s’écrit (x,y,−x−y)=x(1,0,−1)+y(0,1,−1).Ces deux vecteurs sont libres : a(1,0,−1)+b(0,1,−1)=0 impose a=b=0. Une base est ((1,0,−1),(0,1,−1)) et dimF=2.
Exercice 2 — Liberté et famille génératrice
Dans R3, on pose v1=(1,0,1), v2=(0,1,1), v3=(1,1,2).
La famille (v1,v2,v3) est-elle libre ?
Déterminer une base et l’équation cartésienne du sous-espace qu’elle engendre.
Corrigé détaillé
1.v3=v1+v2. La relation v1+v2−v3=0 est non triviale : la famille est liée.2. Les deux vecteurs v1,v2 sont libres, car av1+bv2=0 impose a=b=0 en lisant les deux premières coordonnées. Ils engendrent le même espace que les trois vecteurs.Un vecteur de cet espace vaut (a,b,a+b) ; il vérifie donc z=x+y. Base : (v1,v2) ; dimension 2 ; équation : z=x+y.
Exercice 3 — Sous-espace de polynômes
Soit E=R2[X], espace des polynômes de degré au plus 2, et F={P∈E∣P(1)=0}.
Montrer que F est un sous-espace de E.
Trouver une base et la dimension de F.
Corrigé détaillé
1. L’application P↦P(1) est linéaire. Son noyau F est donc un sous-espace de E (on peut aussi vérifier directement la stabilité).2.P(1)=0 signifie que X−1 divise P : il existe a,b∈R tels que P(X)=(X−1)(aX+b).Donc P=aX(X−1)+b(X−1). Les polynômes X(X−1) et X−1 sont libres, puisqu’ils ont des degrés distincts. Une base est (X−1,X(X−1)) et dimF=2.
Exercice 4 — Sous-espace défini par une équation
Soit F={(x,y,z)∈R3∣x−2y+z=0}. Prouver qu'il est vectoriel ; donner une base et sa dimension.
Corrigé détaillé
1.F est le noyau de la forme linéaire (x,y,z)↦x−2y+z, donc un sous-espace. 2.x=2y−z, ainsi (x,y,z)=y(2,1,0)+z(−1,0,1). 3. Ces deux vecteurs sont indépendants (leurs deuxième et troisième coordonnées forcent les coefficients à zéro). Base : ((2,1,0),(−1,0,1)) ; dimension 2.
Exercice 5 — Famille libre dans R3
La famille u=(1,1,0), v=(0,1,1), w=(1,2,1) est-elle libre ? Donner une base de l'espace engendré et sa dimension.
Corrigé détaillé
1. On remarque w=u+v. La relation u+v−w=0 est non triviale : la famille est liée. 2. Si au+bv=0, les première et troisième coordonnées donnent a=b=0. 3.u,v sont donc indépendants et engendrent l'espace initial. Une base est (u,v) et la dimension est 2.
Exercice 6 — Base et coordonnées
Dans R2, soit b1=(1,1) et b2=(1,−1). Montrer que B=(b1,b2) est une base, puis exprimer x=(5,1) dans cette base.
Corrigé détaillé
1. Le déterminant de (111−1) vaut −2=0 : les deux vecteurs forment une base. 2. Écrire (5,1)=ab1+bb2=(a+b,a−b). 3.a+b=5 et a−b=1 ; en additionnant, 2a=6, donc a=3 et b=2. [x]B=(3,2).
Exercice 7 — Intersection de deux sous-espaces
Soient F={(x,y,z):x+y=0} et G={(x,y,z):y+z=0}. Déterminer F∩G et sa dimension.
Corrigé détaillé
1. Dans l'intersection, x=−y et z=−y. 2. Tout élément est donc de la forme (−t,t,−t)=t(−1,1,−1). 3. Réciproquement chaque tel vecteur satisfait les deux équations. Ainsi F∩G=Vect((−1,1,−1)), et dim(F∩G)=1.
Exercice 8 — Somme directe
Dans R2, poser F=Vect((1,0)) et G=Vect((1,1)). Montrer que R2=F⊕G.
Corrigé détaillé
1. Si (t,0)=(s,s), alors s=0 par la deuxième coordonnée, puis t=0, donc F∩G={0}. 2. Les générateurs (1,0) et (1,1) ont pour déterminant 1, donc engendrent R2. 3. Tout (x,y) s'écrit (x−y,0)+(y,y), decomposition unique dans F+G. La somme est directe et totale.
Exercice 9 — Espace de polynômes
Dans R2[X], chercher une base du sous-espace F={P:P(0)=P(1)=0}. Calculer sa dimension.
Corrigé détaillé
1. Les évaluations en 0 et en 1 étant linéaires, leur noyau commun F est vectoriel. 2. Si P(0)=P(1)=0, les facteurs X et X−1 divisent P. Or le degré est au plus deux, donc P=aX(X−1). 3. Ainsi F=Vect(X(X−1)) et dimF=1.
Exercice 10 — Dimension d'une somme
Dans R3, soient F=Vect(e1,e2) et G=Vect(e2,e3) dans la base canonique. Déterminer F∩G, F+G et leurs dimensions.
Corrigé détaillé
1. Un vecteur de F a la forme (a,b,0) ; un vecteur de G la forme (0,c,d). L'intersection impose a=d=0, donc F∩G=Vect(e2), de dimension 1. 2. Les trois vecteurs e1,e2,e3 appartiennent à la somme, donc F+G=R3. 3. La formule 2+2−1=3 confirme la dimension de la somme.