Université L1 / enseignement supérieur

Applications et relations : exercices corrigés L1

On distingue ici les propriétés des fonctions entre deux ensembles (injectivité, surjectivité, bijectivité) et celles des relations binaires. Comprendre les définitions permet de construire des preuves courtes et rigoureuses.

L'essentiel à retenir

  • f:E→Ff:E\to F est injective si f(x)=f(y)⇒x=yf(x)=f(y)\Rightarrow x=y pour tous x,y∈Ex,y\in E.
  • f:E→Ff:E\to F est surjective si tout z∈Fz\in F possède un antécédent x∈Ex\in E ; bijective signifie injective et surjective.
  • Une relation d’équivalence est réflexive, symétrique et transitive ; elle définit des classes d’équivalence.
  • Une relation d’ordre est réflexive, antisymétrique et transitive ; l’ordre est total si tous les éléments sont comparables.
  • Le choix de l’ensemble de départ et de l’ensemble d’arrivée d’une fonction peut modifier sa surjectivité.

Exercice 1 — Injectivité, surjectivité et inverse

Soit f:R→Rf:\mathbb R\to\mathbb R définie par f(x)=2x+3f(x)=2x+3.
  1. Montrer que ff est injective.
  2. Montrer que ff est surjective.
  3. Déterminer f−1f^{-1}.
Corrigé détaillé
1. Si f(x)=f(y)f(x)=f(y), alors 2x+3=2y+32x+3=2y+3, d’où 2x=2y2x=2y, donc x=yx=y : ff est injective. 2. Pour tout z∈Rz\in\mathbb R, choisir x=(z−3)/2∈Rx=(z-3)/2\in\mathbb R. Alors f(x)=zf(x)=z : ff est surjective. 3. Elle est donc bijective, et son inverse est f−1(z)=z−32\boxed{f^{-1}(z)=\frac{z-3}{2}}. Remarque : g(x)=x2g(x)=x^2 de R\mathbb R dans R\mathbb R n’est ni injective (car g(−1)=g(1)g(-1)=g(1)) ni surjective (les nombres négatifs ne sont pas atteints).

Exercice 2 — Congruence modulo 3

Sur Z\mathbb Z, on définit a∼ba\sim b si 33 divise a−ba-b.
  1. Montrer que ∼\sim est une relation d’équivalence.
  2. Décrire les classes d’équivalence.
Corrigé détaillé
1. Réflexivité. a−a=0a-a=0 est multiple de 33, donc a∼aa\sim a. Symétrie. Si a−b=3ka-b=3k, alors b−a=−3kb-a=-3k : b∼ab\sim a. Transitivité. Si a−b=3ka-b=3k et b−c=3ℓb-c=3\ell, alors a−c=3(k+ℓ)a-c=3(k+\ell) : a∼ca\sim c. 2. Les classes sont les entiers de reste 00, 11 ou 22 modulo 33 : [0],[1],[2]\boxed{[0],[1],[2]}. Par exemple [1]={…,−5,−2,1,4,7,…}[1]=\{\ldots,-5,-2,1,4,7,\ldots\}.

Exercice 3 — La divisibilité est un ordre partiel

Sur N∗={1,2,3,…}\mathbb N^*=\{1,2,3,\ldots\}, on définit a⪯ba\preceq b si aa divise bb.
  1. Vérifier que ⪯\preceq est une relation d’ordre.
  2. Cet ordre est-il total ?
  3. Donner les éléments minimaux et maximaux de {1,2,3,6}\{1,2,3,6\} pour cet ordre.
Corrigé détaillé
1. Réflexivité. a∣aa\mid a ; antisymétrie : si a∣ba\mid b et b∣ab\mid a avec a,b>0a,b>0, alors a=ba=b ; transitivité : si a∣ba\mid b et b∣cb\mid c, alors a∣ca\mid c. C’est donc un ordre. 2. Il n’est pas total, car 2∤32\nmid3 et 3∤23\nmid2. Ces deux éléments sont incomparables. 3. Dans l’ensemble {1,2,3,6}\{1,2,3,6\}, 11 est l’unique élément minimal (et le plus petit) puisqu’il divise tous les autres ; 66 est l’unique élément maximal (et le plus grand) puisque tous les autres le divisent.

Exercice 4 — Injectivité d'une fonction affine

Soit f:R→Rf:\mathbb R\to\mathbb R, f(x)=3x−2f(x)=3x-2. Démontrer l'injectivité, la surjectivité et calculer f−1(y)f^{-1}(y).
Corrigé détaillé
1. Si f(x)=f(x′)f(x)=f(x'), alors 3x−2=3x′−23x-2=3x'-2, donc x=x′x=x' : injectivité. 2. Pour y∈Ry\in\mathbb R, choisir x=(y+2)/3x=(y+2)/3 ; alors f(x)=yf(x)=y : surjectivité. 3. ff est bijective et f−1(y)=(y+2)/3f^{-1}(y)=(y+2)/3. L'inverse est défini sur tout R\mathbb R.

Exercice 5 — Application carré et ensembles de départ

Pour f(x)=x2f(x)=x^2, comparer l'injectivité et la surjectivité de f:R→Rf:\mathbb R\to\mathbb R puis de g:[0,+∞[→[0,+∞[g:[0,+\infty[\to[0,+\infty[.
Corrigé détaillé
1. f(1)=f(−1)f(1)=f(-1) montre que ff n'est pas injective. Aucun réel n'a un carré négatif : ff n'est pas surjective vers R\mathbb R. 2. Sur les réels non négatifs, le carré est strictement croissant : gg est injective. 3. Chaque y≥0y\ge0 admet l'antécédent y≥0\sqrt y\ge0 : gg est surjective, donc bijective, d'inverse g−1(y)=yg^{-1}(y)=\sqrt y.

Exercice 6 — Composition d'applications

Soit f(x)=x+1f(x)=x+1 et g(x)=2xg(x)=2x. Calculer f∘gf\circ g, g∘fg\circ f, résoudre (f∘g)(x)=7(f\circ g)(x)=7 et commenter la commutativité.
Corrigé détaillé
1. (f∘g)(x)=f(2x)=2x+1(f\circ g)(x)=f(2x)=2x+1. 2. (g∘f)(x)=g(x+1)=2x+2(g\circ f)(x)=g(x+1)=2x+2. 3. 2x+1=72x+1=7 donne x=3x=3. Les deux compositions diffèrent d'une constante : la composition n'est pas commutative en général.

Exercice 7 — Relation modulo 4

Sur Z\mathbb Z, poser a∼ba\sim b si 4∣(a−b)4\mid(a-b). Vérifier réflexivité, symétrie, transitivité et décrire les classes.
Corrigé détaillé
1. 4∣04\mid0, donc a∼aa\sim a. 2. Si a−b=4ka-b=4k, alors b−a=−4kb-a=-4k : symétrie. 3. Si a−b=4ka-b=4k et b−c=4ℓb-c=4\ell, alors a−c=4(k+ℓ)a-c=4(k+\ell) : transitivité. C'est une relation d'équivalence ; les quatre classes sont [0],[1],[2],[3][0],[1],[2],[3] selon le reste modulo 4.

Exercice 8 — Ordre partiel par inclusion

Sur P({1,2})\mathcal P(\{1,2\}), on définit A⪯B  ⟺  A⊆BA\preceq B\iff A\subseteq B. Démontrer qu'il s'agit d'un ordre et dire s'il est total.
Corrigé détaillé
1. Chaque ensemble est inclus dans lui-même : réflexivité. 2. Si A⊆BA\subseteq B et B⊆AB\subseteq A, alors A=BA=B : antisymétrie. 3. L'inclusion est transitive, donc il s'agit d'un ordre. Il n'est pas total, car {1}\{1\} et {2}\{2\} ne sont pas comparables.

Exercice 9 — Image et image réciproque

Pour f:R→Rf:\mathbb R\to\mathbb R, f(x)=x2f(x)=x^2, calculer f([−2,1])f([-2,1]) et f−1([1,4])f^{-1}([1,4]), puis préciser la différence des notions.
Corrigé détaillé
1. Sur [−2,1][-2,1], le minimum de x2x^2 vaut 00 et le maximum 44 : f([−2,1])=[0,4]f([-2,1])=[0,4]. 2. 1≤x2≤41\le x^2\le4 équivaut à 1≤∣x∣≤21\le|x|\le2, d'où f−1([1,4])=[−2,−1]∪[1,2]f^{-1}([1,4])=[-2,-1]\cup[1,2]. 3. L'image contient les valeurs atteintes ; l'image réciproque contient les antécédents, sans supposer ff bijective.

Exercice 10 — Ordre et minimum

Considérer A={2,3,6,12}A=\{2,3,6,12\} ordonné par la divisibilité. Identifier les éléments minimaux, maximaux, le plus petit et le plus grand s'ils existent.
Corrigé détaillé
1. Les éléments 22 et 33 sont minimaux : aucun autre élément de AA ne les divise strictement. 2. 1212 est maximal, car aucun élément distinct de AA n'est un multiple de 1212 ; il est même le plus grand, tous les éléments de AA le divisant. 3. Il n'existe pas de plus petit élément : ni 22 ni 33 ne divise l'autre.