Applications linéaires et matrices : exercices corrigés L1
Ce chapitre associe le calcul matriciel à la structure des applications linéaires : déterminer un noyau, une image, un rang ou écrire la matrice d’une application dans une nouvelle base.
L'essentiel à retenir
Une application f:E→F est linéaire si f(λu+μv)=λf(u)+μf(v).
Le noyau kerf est l’ensemble des vecteurs envoyés sur 0 ; l’image Imf est l’ensemble des valeurs atteintes.
Théorème du rang (dimension finie) : dimE=dimkerf+rgf.
Une matrice carrée est inversible si et seulement si son déterminant est non nul.
Si P a pour colonnes les vecteurs d’une nouvelle base, la matrice de f dans cette base est P−1AP.
Exercice 1 — Noyau, image et rang
Soit f:R3→R2 définie par f(x,y,z)=(x+y,y+z).
Donner la matrice de f dans les bases canoniques.
Déterminer kerf.
Déterminer le rang de f et dire si elle est surjective.
Corrigé détaillé
1. Matrice. Les images de la base canonique sont (1,0), (1,1) et (0,1). Ainsi
A=(101101).2. Noyau.x+y=0 et y+z=0, donc (x,y,z)=(−t,t,−t) avec t∈R. Ainsi kerf=Vect((−1,1,−1)) et dimkerf=1.3. Rang. Par le théorème du rang, rgf=3−1=2. Comme dimR2=2, f est surjective.
Exercice 2 — Déterminant et matrice inverse
Soit A=(1324).
Calculer detA.
Déterminer A−1.
Résoudre A(yx)=(115).
Corrigé détaillé
1.detA=1×4−2×3=−2=0. Donc A est inversible.2. Pour une matrice (acbd), l’inverse est ad−bc1(d−c−ba). Donc
A−1=(−2231−21).3.(yx)=A−1(115)=(15/2−11/2−10+11)=(21). On vérifie : 1+2×2=5 et 3+4×2=11.
Exercice 3 — Changement de base
Soit f:R2→R2, f(x,y)=(2x+y,x+2y), et B=(v1,v2) avec v1=(1,1) et v2=(1,−1).
Vérifier que B est une base.
Calculer f(v1) et f(v2).
Donner la matrice de f dans la base B.
Corrigé détaillé
1. La matrice de passage P=(111−1) a pour déterminant −2=0. Donc (v1,v2) est une base.2.f(1,1)=(3,3)=3v1. De même f(1,−1)=(1,−1)=v2.3. Les colonnes sont les coordonnées de f(v1) et f(v2) dans B. La matrice est MatB(f)=(3001). Elle est aussi égale à P−1AP avec A=(2112).
Exercice 4 — Produit de deux matrices
Calculer AB et BA pour A=(1021) et B=(1301). Commenter.
Corrigé détaillé
1.AB=(1+6321)=(7321). 2.BA=(1327). 3. Les produits sont différents : le produit matriciel n'est pas commutatif en général. L'ordre des applications linéaires est essentiel.
Exercice 5 — Inverse d'une matrice 2x2
Pour A=(2111), calculer le déterminant et A−1, puis résoudre AX=(5,3)T.
Corrigé détaillé
1.detA=2⋅1−1⋅1=1=0. 2. La formule d'inversion donne A−1=(1−1−12). 3.X=A−1(5,3)T=(5−3,−5+6)T=(2,1)T. Vérification : A(2,1)T=(5,3)T.
Exercice 6 — Rang d'une matrice
Déterminer le rang de A=120241361 puis une base de son image.
Corrigé détaillé
1. La deuxième ligne est le double de la première ; les première et troisième lignes sont indépendantes. Le rang est donc 2. 2. Les colonnes sont c1=(1,2,0), c2=(2,4,1) et c3=(3,6,1)=c1+c2. 3.c1,c2 sont indépendantes (troisième coordonnée), elles forment une base de l'image.
Exercice 7 — Noyau d'une application matricielle
Soit A=(111−110). Déterminer le noyau de A:R3→R2 et son rang.
Corrigé détaillé
1.AX=0 équivaut à x+y+z=0 et x−y=0. 2. Donc x=y=t et z=−2t, soit kerA=Vect((1,1,−2)). 3. Le noyau a dimension 1 ; par rang-noyau, rgA=3−1=2. L'application est surjective dans R2.
Exercice 8 — Matrice d'une application linéaire
Soit f(x,y)=(x+2y,3x−y). Écrire sa matrice canonique, calculer son déterminant et décider si f est bijective.
Corrigé détaillé
1.f(1,0)=(1,3) et f(0,1)=(2,−1) ; la matrice est A=(132−1). 2.detA=−1−6=−7. 3. Le déterminant non nul prouve l'inversibilité de A. Ainsi f est un automorphisme de R2, injectif et surjectif.
Exercice 9 — Puissance d'une matrice diagonale
Pour D=(2003), calculer D2, Dn, puis (Dn)−1 lorsque n≥1.
Corrigé détaillé
1. Le carré est D2=(4009). 2. Le produit diagonal multiplie les coefficients correspondants ; par récurrence, Dn=diag(2n,3n). 3. Ces nombres sont non nuls, donc (Dn)−1=diag(2−n,3−n). Le produit de ces matrices est l'identité.
Exercice 10 — Changement de base et diagonalisation
Soit A=(2112). Vérifier que v1=(1,1) et v2=(1,−1) sont des vecteurs propres, puis donner P−1AP.
Corrigé détaillé
1.Av1=(3,3)=3v1 et Av2=(1,−1)=v2. 2. Le déterminant de P=(111−1) vaut −2=0, donc (v1,v2) est une base. 3. Dans cette base, l'application possède la matrice P−1AP=diag(3,1).